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Otites, sinusites, angines: la prévention des infections ORL récidivantes Version imprimable

Le Quotidien du médecin - Num. Spécial du 21 novembre 2008 - Dr IRÈNE DROGOU, D’après un entretien avec le Dr Martine François, ORL à l’hôpital Robert-Debré, Paris.

Si les infections ORL sont fréquentes chez les enfants et source d’inquiétude pour les parents, le terme d’affection récidivante correspond à des critères précis. Le traitement préventif peut être médical et/ou chirurgical selon les affections : d’abord médical pour les otites et depuis peu pour les sinusites, uniquement chirurgical pour les angines. Un reflux gastro-œsophagien peut être responsable de sinusites à répétition.

« Certains parents vont s’affoler dès la troisième otite de leur enfant alors que d’autres ne réagiront pas au bout de la dixième. Pour une évaluation objective, il est nécessaire de se référer à la notion de récidive définie en conférence de consensus », avertit le Dr Martine François, ORL à l’hôpital Robert-Debré. « Le caractère récidivant d’une affection conditionne ainsi la décision thérapeutique, d’où l’importance d’inscrire chaque épisode sur le carnet de santé. »

La prévention des otites

En cas d’otite récidivante, le praticien doit d’abord proposer certaines mesures médicales avant d’envisager le traitement chirurgical.

Un déficit en fer doit être recherché en premier lieu. Les enfants ayant des otites récidivantes sont souvent anémiés et la correction d’une carence martiale permet de diminuer la fréquence des otites. Autre facteur de risque bien connu : le tabagisme passif. Il est fortement demandé aux parents d’éviter de fumer en présence de leur enfant.

La vie en collectivité peut favoriser les otites à répétition chez certains enfants. Si la symptomatologie semble s’amender quand l’enfant est éloigné de la crèche (vacances, grands-parents), il est conseillé de reconsidérer le mode de garde dans la mesure du possible.

En permettant l’élimination de l’épanchement résiduel postinfectieux, les aérateurs transtympaniques empêchent le cercle vicieux des réinfections. Réalisée sous anesthésie générale, la pose d’aérateurs transtympaniques est réservée aux otites récidivantes.

Enfin, la chirurgie des végétations adénoïdes ne se fait qu’après échec du traitement médical et après avoir observé la respiration de l’enfant pendant le sommeil. S’il ronfle, il est susceptible d’avoir une hypertrophie des végétations adénoïdes et de pouvoir tirer bénéfice de la chirurgie. L’adénoïdectomie reconnaît ainsi deux indications : otites répétées avec ronflement et gêne respiratoire pendant le sommeil.

Quant au RGO, il ne semble pas avoir de responsabilité déterminante dans la survenue des otites. Si certains enfants sont effectivement améliorés par le traitement d’un RGO symptomatique, c’est en faible proportion, nettement moins qu’en cas de sinusites répétées.

Le RGO à l’origine des sinusites récidivantes

« Un RGO peut être à l’origine de sinusites récidivantes. C’est une découverte récente et curieuse, qu’on n’explique pas encore de façon claire. Il faut penser au RGO même sans signe clinique », rapporte le Dr François. Il s’agit en effet d’une forme atypique de RGO, sans symptomatologie digestive et de manifestation plus diurne que nocturne à la pH-métrie. Les enfants ne se plaignent pas de goût métallique dans la bouche, ni de douleur rétrosternale, ni de vomissements. « Plus de la moitié des enfants ayant des sinusites récidivantes ont un problème de RGO. Un traitement par inhibiteurs de la pompe à protons pendant deux mois permet d’espacer considérablement les épisodes de sinusites », souligne la spécialiste.

Angines et rhinopharyngites

Aucune mesure médicale n’est efficace en prévention des angines. Le seul traitement validé est chirurgical. L’indication d’amygdalectomie est conditionnée par le nombre d’angines de l’enfant, sans discrimination sur l’origine virale ou bactérienne.

Pour les infections rhinopharyngées, le mouchage est capital, même s’il reste astreignant et difficile à faire. « Mais, attention, il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse », avertit la spécialiste. Les irrigations nasales trop répétées au sérum physiologique entretiennent l’œdème muqueux et les solutés hypertoniques ont l’inconvénient de brûler un peu. Sans compter que la désinfection rhino-pharyngée est un nursing désagréable, sinon agressif, pour l’enfant et les parents. « Le mieux est de moucher l’enfant si son nez est encombré… Et de le laisser tranquille le reste du temps », conclut-elle.

 
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